Un parcours fondé sur les textes bibliques : commencez par l’essentiel, replacez chaque passage dans son contexte, puis examinez les mots hébreux et grecs ainsi que les principales lectures.
✦Chaque référence soulignée est cliquable : le texte s’ouvre en Segond 1910. Essayez avec — les versets-clés proposent aussi la comparaison de cinq traductions et le texte hébreu ou grec.
Le sujetLa mort et le jugementdans le vocabulaire biblique
65 + 1occurrences discutées de Shéol
12occurrences de Géhenne
10occurrences d’Hadès
5traductions comparées
Choisissez votre profondeur.
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Étape 1 sur 8 · Partir des mots réels
« Enfer » peut cacher plusieurs termes.
La première règle de lecture est simple : ne pas faire dire au mot français « enfer » ce que chaque terme biblique ne dit pas nécessairement.
Texte bibliqueChoix de traductionInterprétation
Hébreu · Ancien Testament
Shéol
שְׁאוֹלH7585
Le domaine des morts, la tombe ou la puissance de la mort selon le contexte. Segond traduit « séjour des morts », Darby « shéol ».
Grec · Nouveau Testament
Hadès
ᾅδηςG86
Le séjour des morts ; le mot grec le plus directement relié au Shéol. Segond traduit aussi « séjour des morts ».
Grec, issu d’un nom hébreu
Géhenne
γέενναG1067
La vallée de Hinnom devenue, dans les paroles de Jésus, une image grave du jugement divin. Le Semeur traduit « enfer ».
Apocalypse · Image visionnaire
Étang de feu
λίμνη τοῦ πυρόςG3041
L’image finale de l’Apocalypse ; elle n’est jamais appelée « Shéol » ou « Géhenne » dans le texte.
La distinction décisive
Le Shéol/Hadès décrit d’abord le domaine de la mort. La Géhenne avertit du jugement. L’Apocalypse montre même la Mort et l’Hadès jetés dans l’étang de feu ().
Niveau 2 · Comprendre
Le français « enfer » a parfois servi à rendre plusieurs mots. Cela facilite la lecture, mais peut effacer leurs différences. Dans , par exemple, Hadès reprend le Shéol du . En , l’Hadès rend les morts puis disparaît : il n’est donc pas identique au jugement final.
Le tableau ci-dessous montre comment cinq traductions françaises rendent le même mot original. Une traduction « littérale » garde un mot unique (séjour des morts, shéol, géhenne) ; une traduction « dynamique » explique le sens (monde des morts, lieu de souffrance, enfer). Aucune n’est fausse, mais seule la première permet de suivre le mot d’un passage à l’autre.
Mot original · référence
Segond 1910
NBS 2002
Semeur 2015
Parole de Vie
Darby 1890
שְׁאוֹל ·
séjour des morts
séjour des morts
séjour des morts
monde des morts
shéol
שְׁאוֹל ·
séjour des morts
séjour des morts
abîme
monde des morts
shéol
שְׁאוֹל ·
séjour des morts
séjour des morts
sépulcre
monde des morts
shéol
ᾅδης ·
séjour des morts
séjour des morts
la mort elle-même
la puissance de la mort
hadès
ᾅδης ·
séjour des morts
séjour des morts
séjour des morts
chez les morts
hadès
γέεννα ·
géhenne
géhenne
enfer
la terrible punition de Dieu
géhenne
γέεννα ·
géhenne
géhenne
enfer
le lieu de souffrance
géhenne
ταρταρόω ·
abîmes de ténèbres
chaînes de ténèbres
abîme
lieu de souffrance
abîme
Bleu : mot unique conservé · Rouge : sens explicité. Cliquez une référence pour lire les cinq versions complètes.
Niveau 3 · Approfondir
Les concordances comptent 65 occurrences certaines de šəʾôl dans le texte massorétique ; certaines en donnent 66 en lisant (« dans les lieux bas ») comme une allusion au Shéol. Le nombre dépend donc d’une décision textuelle, pas d’une contradiction. Hadès apparaît 10 fois et Géhenne 12 fois dans le Nouveau Testament grec.
Deux autres mots complètent le vocabulaire, sans être des synonymes : Tartare (tartaróō, ), employé une seule fois et pour des anges, et l’abîme (ábyssos, ; ), prison des puissances démoniaques. Aucun des deux ne décrit le sort des humains après la mort. Le lexique en bas de page reprend chaque terme avec sa définition.
Étape 2 sur 8 · L’Ancien Testament
Le Shéol : descendre vers la mort.
Le Shéol n’est pas présenté d’abord comme le lieu réservé aux méchants. Jacob pense y rejoindre Joseph ; Job souhaite s’y cacher ; des psaumes l’associent aux liens de la mort.
« C’est en pleurant que je descendrai vers mon fils au séjour des morts ! »
Jacob, un juste, parle du Shéol comme de sa propre destination.
« L’Éternel fait mourir et il fait vivre. Il fait descendre au séjour des morts et il en fait remonter. »
Le Shéol reste sous l’autorité de Dieu, qui peut en faire remonter.
« Ma vie s’approche du séjour des morts. Je suis mis au rang de ceux qui descendent dans la fosse […] Tu m’as jeté dans une fosse profonde, dans les ténèbres, dans les abîmes. »
Fosse, ténèbres, silence, oubli : le vocabulaire complet de la détresse.
« Du sein du séjour des morts j’ai crié, et tu as entendu ma voix. »
Langage poétique d’une mort imminente, non description d’un lieu visité.
Ce que les textes montrent
Le Shéol rassemble les images de la tombe, du monde des morts et de la mort qui engloutit. Son contour n’est pas décrit de façon unique et systématique.
Niveau 2 · Comprendre
On y « descend » ( ; ).
Il possède des « portes » ( ; ), des « liens » () et une profondeur ().
Dans la poésie, il peut déjà saisir une personne menacée de mort ; être délivré du Shéol peut donc signifier être sauvé d’un danger mortel ( ; ).
Il engloutit sans se rassasier ( ; ) et rien ne lui échappe, sauf la main de Dieu ( ; ).
Le texte biblique juxtapose parfois silence des morts ( ; ) et figures des défunts qui parlent ( ; ). Il ne faut pas forcer ces genres différents en un plan topographique unique.
Niveau 3 · Approfondir
L’étymologie de šəʾôl reste incertaine. Le mot est proche, selon les passages, de qéver (tombe), bôr (fosse), šaḥat (fosse/corruption) et ʾabaddôn (destruction). Ces parallèles expliquent pourquoi les traductions oscillent entre translittération, « séjour des morts », « tombe » et parfois « enfer ».
Dans , le parallélisme est parlant : לֹא־תַעֲזֹב נַפְשִׁי לִשְׁאוֹל (« tu n’abandonneras pas mon nephesh au Shéol ») répond à לִרְאוֹת שָׁחַת (« voir la fosse »). Shéol et šaḥat se répondent ; « mon âme » désigne la personne entière. Ouvrez le verset puis l’onglet « Original » pour voir chaque mot avec son numéro Strong.
Une formulation prudente est donc préférable : le Shéol est le domaine biblique de la mort, parfois imaginé comme un monde souterrain ( ; ), parfois employé poétiquement pour la tombe ou la mort elle-même ().
À ne pas conclure trop vite
Dire que le Shéol concerne les morts ne suffit pas, à lui seul, à décider si les morts y sont conscients, inconscients, ou si certains textes emploient seulement une image poétique. Ces questions doivent être examinées passage par passage.
Étape 3 sur 8 · Le pont grec
L’Hadès prolonge le langage du Shéol.
Dans la Bible grecque, Hadès sert très souvent à rendre le Shéol. Le Nouveau Testament reprend ce mot pour parler du séjour ou de la puissance des morts.
Shéol
לֹא־תַעֲזֹב נַפְשִׁי לִשְׁאוֹל
en hébreu : « tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts ». Le mot est šeʾôl (H7585).
→
Hadès
οὐκ ἐνκαταλείψεις τὴν ψυχήν μου εἰς ᾅδην
et citent ce psaume en grec : le mot est hádēs (G86), et l’espérance est appliquée à la résurrection du Christ.
Le mouvement du Nouveau Testament
Le Christ détient les clés de la Mort et de l’Hadès () ; au terme de l’Apocalypse, l’Hadès rend ses morts puis il est lui-même supprimé ().
Niveau 2 · Comprendre
donne à voir un riche conscient et tourmenté dans l’Hadès, face à Abraham et Lazare. Ce récit doit être entendu dans sa fonction : renverser les sécurités du riche et appeler à écouter « Moïse et les prophètes » (). Il fournit un témoignage important sur l’au-delà, mais son genre imagé ne permet pas de transformer chaque détail en carte littérale.
et parlent des « portes » et des « clés » de l’Hadès : l’image centrale est celle d’une puissance de mort qui ne pourra pas retenir définitivement ceux que Dieu relève. Le Semeur traduit d’ailleurs « la mort elle-même ne pourra rien » contre l’Église.
Niveau 3 · Approfondir
Le substantif grec hádēs (ᾅδης, littéralement « l’invisible ») apparaît dix fois dans le texte critique courant. Certaines anciennes éditions en comptaient une de plus en , où une variante lit « Hadès » au lieu de « mort » (« Ô Hadès, où est ta victoire ? », d’après ). Voilà pourquoi certains ouvrages annoncent dix et d’autres onze occurrences.
L’équivalence Shéol–Hadès est forte, notamment en Psaume 16/Actes 2, mais elle n’oblige pas à supposer que tous les auteurs et tous les genres décrivent l’état des morts de façon identique. Le Nouveau Testament parle aussi d’être « avec Christ » dès la mort ( ; ; ), sans employer le mot Hadès.
Étape 4 sur 8 · Derrière le mot Géhenne
La vallée de Hinnom devient un avertissement.
« Géhenne » vient de l’expression « vallée de Hinnom », un lieu réel au sud de Jérusalem. La Bible lui donne une mémoire terrible avant que Jésus n’en fasse une image du jugement.
Un lieu géographique
et emploient la vallée comme repère de frontière autour de Jérusalem ; encore après l’exil.
Un lieu de sacrifices condamnés
Des rois de Juda y font passer leurs enfants par le feu : Achaz ( ; ) et Manassé ( ; ). raconte que Josias souilla Topheth dans la vallée des fils de Hinnom, afin que personne ne fît plus passer son fils ou sa fille par le feu en l’honneur de Moloc.
La « vallée du Carnage »
et annoncent que le lieu du crime deviendra un lieu de jugement et de cadavres : on ne dira plus Topheth et la vallée de Ben-Hinnom, mais on dira la vallée du carnage.
Une image de jugement
Dans le Nouveau Testament, le nom grec Géhenne ne fonctionne plus comme une simple indication d’itinéraire : il avertit d’un jugement dont Dieu seul a l’autorité ().
La décharge en feu : une prudence nécessaire
La Bible ne dit jamais que la vallée était la décharge de Jérusalem où brûlait un feu permanent au temps de Jésus. Cette explication, souvent répétée, apparaît tardivement. Le lien biblique solide passe plutôt par les sacrifices condamnés, l’annonce de Jérémie et l’image d’ reprise en .
Niveau 2 · Comprendre
Le fil biblique est moral avant d’être géographique. La vallée garde la mémoire d’une religion devenue meurtrière : on y a brûlé des enfants, chose que Dieu déclare n’avoir ni commandée ni même conçue ( ; ; ). Le jugement annoncé retourne la violence contre le lieu qui l’a symbolisée.
Lorsque Jésus parle de Géhenne, ses auditeurs entendent donc un nom chargé de honte, d’infidélité, de cadavres privés de sépulture et de jugement divin.
Niveau 3 · Approfondir
Le grec géenna (γέεννα) translittère un nom sémitique dérivé de gêʾ Hinnōm, « vallée de Hinnom ». On lit les trois éléments dans l’hébreu de : בָּמוֹת הַתֹּפֶת אֲשֶׁר בְּגֵיא בֶן־הִנֹּם, « les hauts lieux de Topheth qui sont dans la vallée de Ben-Hinnom ». Entre les prophètes et le Nouveau Testament, la littérature juive a aussi développé ce lieu comme image eschatologique. Ces textes extérieurs éclairent le vocabulaire du temps de Jésus, mais ils ne doivent pas être confondus avec le canon biblique.
L’histoire de la « décharge perpétuellement en feu » est attestée bien plus tard, notamment chez David Kimhi au Moyen Âge. Elle s’est même glissée dans la définition du lexique Strong (voir G1067). On peut évoquer l’hypothèse d’un dépôt d’ordures, mais pas la présenter comme un fait biblique ou archéologique établi.
Étape 5 sur 8 · Les avertissements de Jésus
La Géhenne appelle à une décision présente.
Jésus n’utilise jamais la Géhenne pour satisfaire une curiosité sur l’au-delà. Il s’en sert pour réveiller la conscience : colère méprisante, scandale, hypocrisie et infidélité à Dieu sont traités avec un sérieux extrême.
Le centre de l’avertissement
La Géhenne est l’opposé de la vie et du règne de Dieu. Elle exprime un jugement réel, redoutable et irréversible par la seule force humaine.
Niveau 2 · Comprendre
Onze des douze emplois apparaissent dans les paroles de Jésus rapportées par les évangiles synoptiques ; est le seul autre emploi. La répartition est concentrée : sept chez Matthieu, trois chez Marc, un chez Luc, un chez Jacques.
Le vocabulaire varie autour du même appel : « entrer dans la vie » (), « entrer dans le royaume de Dieu » () ou voir « le corps entier » jeté dans la Géhenne (). La visée pédagogique n’est pas de décrire une mécanique de supplice, mais d’exiger une rupture radicale avec le mal.
Une remarque de numérotation. Dans la Segond 1910, Marc 9 compte les versets 44 et 46 (« où leur ver ne meurt point… »), absents des manuscrits les plus anciens ; le mot « géhenne » y tombe donc aux versets 44, 46 et 47, alors que les éditions critiques le placent en 43, 45 et 47. Le nombre d’occurrences reste le même.
Niveau 3 · Approfondir
est central : Dieu peut « faire périr » (apolesai, de apollymi) l’âme et le corps dans la Géhenne. Le grec dit : τὸν δυνάμενον καὶ ψυχὴν καὶ σῶμα ἀπολέσαι ἐν γεέννῃ. Le verbe peut désigner la destruction, la perte ou la ruine selon le contexte (la brebis « perdue » de Luc 15 emploie le même verbe). Il nourrit donc fortement la lecture conditionnaliste, sans trancher à lui seul toute la question de la durée ou de l’expérience du jugement. La NBS traduit « faire disparaître », Darby « détruire », le Semeur « faire périr ».
Dans , la Géhenne fonctionne déjà de manière métaphorique : elle « enflamme » le cours de l’existence par la langue. Cet usage confirme que le mot peut désigner la puissance destructrice du jugement sans être une simple localisation physique.
Étape 6 sur 8 · Lire les images dans leur contexte
Le feu, le ver et la destruction ne disent pas tous la même chose.
Les images bibliques sont fortes, mais elles ne doivent pas être fondues en une seule scène. Chacune porte une part du message.
✦
Le feu
Il éprouve, purifie ou détruit selon les textes. Un feu « qui ne s’éteint pas » est un feu que personne ne peut arrêter ().
≈
Le ver
cite , où le feu et les vers atteignent les cadavres des rebelles : image de défaite et d’opprobre.
∅
La destruction
« Périr », « détruire », « mort » et « seconde mort » () soulignent que le péché n’aboutit pas à la vie promise par Dieu.
Expression
Contexte
Ce qu’elle souligne
Feu inextinguible
; cf.
Un jugement que nul ne peut interrompre.
Le ver ne meurt pas
citant
L’opprobre durable des ennemis vaincus, décrits comme cadavres chez Ésaïe.
Âme et corps détruits
L’autorité totale de Dieu et la perte de la personne entière.
Châtiment de l’âge / éternel
La gravité et la portée du jugement de l’âge à venir, en contraste avec la vie éternelle.
Ruine éternelle
Une destruction définitive, « loin de la face du Seigneur ».
Seconde mort
;
La fin ultime opposée à la participation à la vie nouvelle.
Niveau 2 · Comprendre
Dans les prophètes, un feu qui « ne s’éteint pas » n’implique pas nécessairement que la matière brûle sans fin : il signifie souvent que personne n’éteindra le jugement avant son accomplissement ( ; ; ; , numéroté 20.47-48 dans les Bibles anglaises). Cependant, Marc ajoute l’écho d’ ; l’image ne doit donc pas être réduite à une simple flamme momentanée.
Ésaïe parle de cadavres contemplés avec horreur, non de personnes décrites en train de vivre éternellement dans le feu. Marc reprend pourtant ce langage pour un avertissement eschatologique. La continuité est réelle, mais l’application exacte fait débat.
Niveau 3 · Approfondir
L’adjectif grec aiōnios de qualifie à la fois le châtiment et la vie : εἰς κόλασιν αἰώνιον … εἰς ζωὴν αἰώνιον. Il peut porter l’idée de l’âge à venir et, dans ce contexte, de permanence. Le parallélisme soutient fortement la gravité définitive du jugement ; il ne décide toutefois pas, à lui seul, si cette permanence décrit un processus conscient sans fin ou le résultat irrévocable d’un jugement. Le nom kólasis dit la peine, non sa forme (Darby : « tourments », Segond : « châtiment »).
En , ὁ σκώληξ αὐτῶν οὐ τελευτᾷ καὶ τὸ πῦρ οὐ σβέννυται reprend mot pour mot la Septante d’Ésaïe 66.24, où l’hébreu vise des פְּגָרִים (pegarim, cadavres) devenus דֵרָאוֹן (dērāʾôn, objet d’horreur ; le mot ne se retrouve qu’en , « honte éternelle »).
Il faut aussi éviter de transférer automatiquement à chaque autre passage. Le verset nomme explicitement le diable, la bête et le faux prophète tourmentés aux siècles des siècles ; les humains jugés sont ensuite associés à l’étang de feu et à la « seconde mort » ( ; ). Les images se répondent, mais le texte conserve ses sujets et ses formulations propres.
Étape 7 sur 8 · Du séjour des morts au jugement final
La résurrection, et non le Shéol, est l’horizon final.
Le récit biblique ne s’achève pas dans le domaine des morts. Il va vers la résurrection, le jugement, la défaite de la mort et la création renouvelée.
La mort et le Shéol
L’Ancien Testament décrit l’humanité descendant vers la mort, tout en confessant que Dieu peut en délivrer ( ; ; ).
Le Christ ressuscité
annonce qu’il n’a pas été abandonné à l’Hadès ; le présente avec les clés de la Mort et de l’Hadès.
La résurrection et le jugement
, , , et parlent d’une comparution des morts devant Dieu.
La mort abolie
nomme la mort « dernier ennemi » ; la voit jetée avec l’Hadès dans l’étang de feu.
La création renouvelée
annonce qu’il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur.
La conséquence
Le Shéol/Hadès n’est pas la destination finale du récit biblique. Il est un ennemi provisoire dont Dieu délivre par la résurrection et qu’il abolit.
Niveau 2 · Comprendre
Le Nouveau Testament tient ensemble deux axes : un jugement véritable et une victoire véritable sur la mort. Réduire le message à la peur de « l’enfer » manquerait l’annonce centrale : en Jésus, Dieu ouvre la vie de résurrection ( ; ) et appelle maintenant à la repentance, à la fidélité et à l’amour du prochain.
La Géhenne appartient au langage de l’avertissement ; la Bonne Nouvelle annonce aussi le pardon, la réconciliation avec Dieu et la vie. Les deux ne doivent ni s’annuler ni être isolés.
Niveau 3 · Approfondir
Trois grandes lectures chrétiennes tentent d’articuler l’ensemble des textes. Le mot Géhenne, pris seul, ne suffit pas à les départager :
Châtiment conscient sans fin
Le jugement implique une existence consciente qui ne prend pas fin.
Textes souvent invoqués : ; ; ; ; .
Immortalité conditionnelle
La peine finale est la destruction définitive : la vie immortelle est le don réservé aux sauvés.
Textes souvent invoqués : ; ; ; ; .
Jugement restaurateur
Le jugement, même sévère, s’inscrit finalement dans le dessein de réconcilier toutes choses.
Textes souvent invoqués : ; ; ; .
Chacune met en avant de vrais textes et doit répondre aux textes privilégiés par les autres. Une étude « entièrement biblique » ne consiste donc pas à cacher le débat, mais à montrer exactement où le texte parle clairement et où commence la synthèse théologique.
Étape 8 sur 8 · Une conclusion proportionnée aux textes
Ce que la Bible permet d’affirmer — et ce qu’un mot ne tranche pas.
La fidélité biblique demande autant de courage pour affirmer ce qui est clair que d’humilité devant ce qui reste discuté.
Le texte affirme clairement
Le Shéol et la Géhenne ne sont pas le même mot ni la même image.
Le Shéol/Hadès appartient au domaine de la mort ; justes et injustes peuvent y être associés ( ; ).
La Géhenne est enracinée dans la vallée de Hinnom et devient un avertissement de jugement ( ; ).
Jésus relie cet avertissement à la vie présente : mépris, scandale, hypocrisie et infidélité.
Dieu seul a l’autorité ultime sur la personne entière ().
L’Hadès rend ses morts et est finalement aboli ().
L’espérance chrétienne centrale est la résurrection et la victoire de Dieu sur la mort ().
Le mot seul ne tranche pas
La conscience ou l’inconscience de tous les morts dans chaque emploi du Shéol.
Une cartographie précise et uniforme de l’au-delà.
La nature exacte du « feu » dans tous les genres bibliques.
Le rapport entre durée du jugement, durée de ses effets et expérience du jugé.
Le choix entre les trois grandes synthèses chrétiennes sur le jugement final.
Le sort d’une personne particulière : les avertissements bibliques ne nous donnent pas ce rôle.
En une phrase
Le Shéol est le langage biblique du domaine de la mort ; l’Hadès en est le principal correspondant grec ; la Géhenne est l’image, enracinée dans la vallée de Hinnom, d’un jugement divin redoutable ; et l’étang de feu figure dans l’Apocalypse la défaite finale du mal et de la mort.
Vérifiez la distinction en trente secondes
Jacob pense rejoindre Joseph.
Shéol. parle de la destination des morts, non d’une peine réservée aux méchants.
Jésus avertit que Dieu peut perdre âme et corps.
Géhenne. C’est le terme de .
Le riche est tourmenté dans le récit de Luc 16.
Hadès. ne dit pas « Géhenne ».
La Mort rend les morts puis est jetée au feu.
Hadès puis étang de feu. distingue explicitement les deux.
Pour aller droit aux difficultés
Questions fréquentes.
Le Shéol est-il « l’enfer » ?
Pas si « enfer » signifie le lieu final réservé aux condamnés. Le Shéol désigne plus largement le domaine de la mort et peut concerner Jacob (), Job (), les rois () et les impies (). Une traduction ancienne peut employer « enfer », mais il faut alors vérifier le mot original.
La Géhenne est-elle seulement une vallée physique ?
Son nom vient bien d’une vallée réelle (). Mais chez Jésus, le mot fonctionne comme un avertissement de jugement qui dépasse une simple menace d’être conduit dans un ravin. Le contexte oppose la Géhenne à la vie ou au règne de Dieu () et attribue l’autorité à Dieu ().
Était-elle la décharge toujours en feu de Jérusalem ?
Ce n’est pas affirmé par la Bible et les témoignages anciens manquent. La tradition est tardive. Le dossier biblique sûr est celui des sacrifices d’enfants (), de Topheth, du jugement annoncé par Jérémie () et de l’écho d’.
Luc 16 décrit-il la Géhenne ?
Non : le texte grec de dit Hadès (Darby : « en hadès »). Le récit du riche et de Lazare éclaire le jugement et le renversement après la mort, mais il ne permet pas de remplacer partout Shéol, Hadès et Géhenne par un seul mot.
Jésus est-il « descendu aux enfers » ?
applique à Jésus le Psaume 16 : il n’a pas été abandonné à l’Hadès. Le symbole ancien dit « descendu aux enfers » au sens du séjour des morts. Les liens avec et donnent lieu à plusieurs interprétations.
Et le « Tartare » de 2 Pierre ?
emploie le verbe tartaróō, unique dans la Bible, pour des anges « réservés pour le jugement » (cf. ). Segond traduit « abîmes de ténèbres ». Le mot ne décrit pas le sort des humains et ne doit pas être ajouté au dossier du Shéol ou de la Géhenne.
La Bible enseigne-t-elle clairement des tourments conscients sans fin ?
Certains passages sont lus ainsi, surtout , et . D’autres insistent sur la destruction, la mort et la disparition du mal ( ; ). Le site expose ces données sans faire passer une synthèse confessionnelle pour la définition lexicale du mot « Géhenne ».
Pourquoi parler des lectures différentes ?
Parce qu’elles ne viennent pas d’un seul mot, mais de la manière d’articuler plusieurs familles de textes. Les reconnaître permet de revenir au texte avec précision et de discuter sans caricature.
Lexique · Les mots originaux
Vingt mots pour lire sans confondre.
Chaque entrée donne le mot hébreu ou grec, sa translittération, son numéro Strong et une définition condensée. Les références ouvrent le texte biblique correspondant.
Corpus et méthode
Vérifier par soi-même.
Le parcours part du canon biblique. Les ressources lexicales et historiques servent à contrôler les mots, les occurrences et le contexte ; elles ne remplacent pas les textes. Chaque référence ci-dessous s’ouvre en Segond 1910.
Shéol · textes repères
Vallée de Hinnom · textes repères
Géhenne · corpus complet
Hadès · corpus complet
Jugement et résurrection
Textes de portée universelle
À lire avec les textes de jugement, sans supprimer les uns par les autres.
Textes bibliques
Versets fournis par un serveur biblique local (données bolls.life) : Louis Segond 1910 pour toutes les références ; Nouvelle Bible Segond, Bible du Semeur, Parole de Vie et Darby pour les versets-clés comparés ; Codex de Léningrad (hébreu) et Nouveau Testament de Tischendorf (grec) avec numéros Strong pour les textes originaux.
NET Bible, note sur Marc 9.43 — origine du mot et arrière-plan de la vallée de Hinnom. La mention de la décharge dans cette note est justement présentée ici comme une tradition discutée, non comme un fait assuré.
Méthode
Le texte principal est cité en Segond 1910 (domaine public) ; les traductions modernes n’apparaissent que pour les versets-clés, en courtes citations comparées. Les faits lexicaux, les choix de traduction et les synthèses théologiques sont volontairement distingués.